30 janv. 2026

Le Sénat français adopte une proposition permettant l'exploration pétrolière et gazière dans les territoires d'outre-mer, malgré l'opposition du gouvernement.

Le Sénat français a approuvé massivement jeudi une proposition permettant l'exploration pétrolière et gazière dans ses territoires d'outre-mer, après un débat houleux opposant les engagements climatiques du pays, vieux de dix ans, aux préoccupations croissantes concernant la souveraineté énergétique et la sécurité d'approvisionnement.

Cette décision est une victoire pour les législateurs représentant la Guyane française — un territoire sud-américain à l'est du Venezuela, coincé entre le Brésil et le Suriname — qui avaient poussé à réexaminer les ressources domestiques après d'énormes découvertes de pétrole et de gaz dans les eaux voisines ces dernières années.

"Je tiens à remercier mes collègues qui ont voté pour cela... et je regrette que le gouvernement n'ait pas suivi, peut-être plus par dogmatisme que par souci de l'intérêt national," a déclaré le sénateur Georges Patient, le parrain du projet de loi.

Le projet de loi se dirigera maintenant vers l'Assemblée nationale, où il pourra encore être amendé.

Dans un premier mondial, la France a interdit en 2017 de nouvelles licences d'exploration et de production pétrolière et gazière, espérant que d'autres nations emboîtent le pas pour réduire le réchauffement climatique. Mais les craintes concernant la sécurité énergétique en Europe après la perte du gaz russe, ainsi que les inquiétudes liées à une dépendance accrue vis-à-vis du gaz naturel liquéfié américain, ont poussé beaucoup à reconsidérer le développement des ressources domestiques.

Le ministre français des Finances, Roland Lescure, a qualifié le projet de loi "d'anachronique," avertissant que le pays perdrait en crédibilité sur la scène internationale s'il revenait sur ses propres restrictions concernant la production d'hydrocarbures.

La France produit du pétrole à terre, principalement dans la région parisienne, ce qui couvre seulement 1 % de sa consommation annuelle et doit cesser d'ici 2040 selon les lois en vigueur.