16 févr. 2026
Centrale nucléaire dans la dernière stratégie énergétique de la France

Le gouvernement français a publié le troisième Programme pluriannuel de l'énergie, définissant la stratégie énergétique du pays pour relever les défis de la consommation et de la production d'énergie sur la période 2026-2035. Il prévoit la construction de six nouveaux réacteurs et l'exploitation prolongée de la flotte nucléaire existante du pays.
Le Programme pluriannuel de l'énergie (PPE) n'est pas un texte législatif, mais présente la trajectoire à suivre au cours de la prochaine décennie en matière de politique énergétique. Il a deux objectifs principaux : réduire la consommation de combustibles fossiles du pays et garantir une transition claire, équitable et durable.
Le gouvernement a déclaré que le troisième Programme pluriannuel de l'énergie (PPE3) est le fruit de consultations approfondies lancées en 2022 avec les membres du parlement, les représentants de l'industrie et les élus locaux. Il s'appuie sur les débats parlementaires du printemps 2025, ainsi que sur les derniers scénarios prospectifs publiés par le gestionnaire de réseau RTE en décembre 2025. Les orientations choisies, a-t-il indiqué, tiennent compte de la réalité de la consommation d'électricité observée ces dernières années, ainsi que de son ambitieux objectif d'électrifier l'utilisation de l'énergie d'ici 2030-2035.
Le PPE3 vise à augmenter la production d'électricité décarbonée entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023, tout en réduisant la consommation de combustibles fossiles à environ 330 TWh en 2035, contre 900 TWh en 2023. Cette trajectoire, a affirmé le gouvernement, "inversera le modèle de consommation énergétique du pays, avec 60 % de l'énergie décarbonée d'ici 2030 et 70 % d'ici 2035... La stratégie repose sur un mix énergétique équilibré combinant nucléaire et énergies renouvelables".
Le dernier PPE fixe un objectif de production nucléaire de 380 à 420 TWh par an entre 2030 et 2035, contre une fourchette précédente de 360 à 400 TWh, en cohérence avec l'objectif d'EDF de 400 TWh.
En février 2022, le président Emmanuel Macron a annoncé qu'il était temps pour une renaissance nucléaire en France, affirmant que l'exploitation de tous les réacteurs existants devait être prolongée sans compromettre la sécurité et dévoilant un programme proposé pour six nouveaux réacteurs EPR2, avec une option pour huit autres réacteurs EPR2 à suivre.
Le PPE3 formalise ces ambitions en appelant à : prolonger la durée de vie des réacteurs existants à 50 voire 60 ans, sous réserve des exigences de sécurité ; la construction de six réacteurs EPR2 ; la fixation de l'objectif de pouvoir décider, dès 2026, du lancement de la construction de huit réacteurs EPR2 supplémentaires ; commencer la construction d'un premier petit réacteur modulaire (SMR) autour du début des années 2030 ; et le renouvellement de l'aval du cycle du combustible nucléaire. Notamment, le dernier PPE abandonne formellement l'objectif précédent dans le PPE2 de fermer 14 réacteurs, y compris les deux unités de la centrale de Fessenheim.
"Aligné avec la Stratégie nationale bas carbone, les engagements européens et l'Accord de Paris, le PPE3 constitue un plan ambitieux, réaliste et adaptable pour construire un système énergétique souverain, décarboné et compétitif", a déclaré le gouvernement.
Il a noté que la mise en œuvre du PPE3 générera plus de 120 000 emplois supplémentaires d'ici 2030, notamment dans les secteurs nucléaire, solaire photovoltaïque et éolien offshore. Elle contribuera également à réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles, qui représentent actuellement près de 60 milliards d'euros (71 milliards de dollars) par an.
Réponses de l'industrie
"EDF, Framatome et Orano tiennent à remercier le gouvernement pour avoir partagé sa vision et pour avoir pris en compte l'équilibre du système électrique français", a déclaré Framatome dans un communiqué. "Ils accueillent la priorité donnée à l'électrification et le fort soutien à la durabilité et au développement du secteur nucléaire. Ces priorités sont essentielles pour garantir la continuité de la production, la sécurité des installations et la création d'emplois qualifiés et durables dans tout le pays.
"Avec sa capacité à produire de l'électricité compétitive, dispatchable et décarbonée, l'énergie nucléaire est un pilier essentiel pour la réussite de l'électrification des usages énergétiques et la sécurité de l'approvisionnement du pays. Grâce à l'excellence du secteur nucléaire, la France possède une technologie souveraine qui lui permet de fournir aux secteurs économiques et aux consommateurs l'électricité la moins chère d'Europe."
EDF a déclaré qu'elle s'engageait envers le PPE3 avec le programme de construction de six réacteurs nucléaires EPR2 et une option pour huit autres, en prolongeant la durée de vie des réacteurs nucléaires existants et en revitalisant les investissements dans l'hydroélectricité tout en maintenant l'expertise dans les énergies renouvelables, notamment les projets éoliens offshore.
"Les équipes d'EDF sont mobilisées pour réaliser ces projets conformément aux exigences en matière de sécurité, de sûreté, de qualité, de délais et de coûts. La mise en œuvre du PPE3 doit préserver la cohérence du cadre public, condition essentielle pour la performance et l'équilibre à long terme du système électrique. Dans ce cadre, l'électrification des usages énergétiques est un levier central de la transition énergétique, nécessitant la mobilisation de tous les acteurs publics et privés pour remplacer les combustibles fossiles importés par une électricité compétitive, souveraine et décarbonée, à laquelle le groupe EDF contribue."
Le président-directeur général d'EDF, Bernard Fontana, a ajouté : "La publication du programme énergétique pluriannuel permet à EDF d'avancer vers ses objectifs : fournir aux Français, aujourd'hui et pour les générations futures, une électricité compétitive, souveraine et décarbonée."
Orano a déclaré que les opportunités présentées par le PPE3 représentent des investissements significatifs en cours et futurs à travers l'ensemble du cycle du combustible nucléaire.
"Le nouveau programme énergétique pluriannuel offre la visibilité nécessaire pour gérer nos projets industriels, qui contribuent à garantir la production d'électricité décarbonée, dispatchable, disponible pour nos industries dans les régions et pour nos foyers", a déclaré Nicolas Maes, PDG d'Orano.
Le Groupement des Industriels Français de l'Énergie Nucléaire (Gifen) - l'association professionnelle de l'industrie nucléaire française - a déclaré que le PPE3 "représente une étape décisive pour donner à la France la visibilité essentielle pour des investissements à long terme, et confirme le rôle crucial de l'énergie nucléaire au cœur de la stratégie énergétique française. L'énergie nucléaire est un pilier fondamental de la souveraineté énergétique française. En fournissant une électricité décarbonée, sûre et contrôlable, elle répond aux défis climatiques, énergétiques et de réindustrialisation. En remplaçant les combustibles fossiles pour des usages tels que le transport et le chauffage, l'énergie nucléaire peut contribuer à accélérer l'électrification, préalable à la décarbonisation de l'économie."
Le Programme pluriannuel de l'énergie (PPE) n'est pas un texte législatif, mais présente la trajectoire à suivre au cours de la prochaine décennie en matière de politique énergétique. Il a deux objectifs principaux : réduire la consommation de combustibles fossiles du pays et garantir une transition claire, équitable et durable.
Le gouvernement a déclaré que le troisième Programme pluriannuel de l'énergie (PPE3) est le fruit de consultations approfondies lancées en 2022 avec les membres du parlement, les représentants de l'industrie et les élus locaux. Il s'appuie sur les débats parlementaires du printemps 2025, ainsi que sur les derniers scénarios prospectifs publiés par le gestionnaire de réseau RTE en décembre 2025. Les orientations choisies, a-t-il indiqué, tiennent compte de la réalité de la consommation d'électricité observée ces dernières années, ainsi que de son ambitieux objectif d'électrifier l'utilisation de l'énergie d'ici 2030-2035.
Le PPE3 vise à augmenter la production d'électricité décarbonée entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023, tout en réduisant la consommation de combustibles fossiles à environ 330 TWh en 2035, contre 900 TWh en 2023. Cette trajectoire, a affirmé le gouvernement, "inversera le modèle de consommation énergétique du pays, avec 60 % de l'énergie décarbonée d'ici 2030 et 70 % d'ici 2035... La stratégie repose sur un mix énergétique équilibré combinant nucléaire et énergies renouvelables".
Le dernier PPE fixe un objectif de production nucléaire de 380 à 420 TWh par an entre 2030 et 2035, contre une fourchette précédente de 360 à 400 TWh, en cohérence avec l'objectif d'EDF de 400 TWh.
En février 2022, le président Emmanuel Macron a annoncé qu'il était temps pour une renaissance nucléaire en France, affirmant que l'exploitation de tous les réacteurs existants devait être prolongée sans compromettre la sécurité et dévoilant un programme proposé pour six nouveaux réacteurs EPR2, avec une option pour huit autres réacteurs EPR2 à suivre.
Le PPE3 formalise ces ambitions en appelant à : prolonger la durée de vie des réacteurs existants à 50 voire 60 ans, sous réserve des exigences de sécurité ; la construction de six réacteurs EPR2 ; la fixation de l'objectif de pouvoir décider, dès 2026, du lancement de la construction de huit réacteurs EPR2 supplémentaires ; commencer la construction d'un premier petit réacteur modulaire (SMR) autour du début des années 2030 ; et le renouvellement de l'aval du cycle du combustible nucléaire. Notamment, le dernier PPE abandonne formellement l'objectif précédent dans le PPE2 de fermer 14 réacteurs, y compris les deux unités de la centrale de Fessenheim.
"Aligné avec la Stratégie nationale bas carbone, les engagements européens et l'Accord de Paris, le PPE3 constitue un plan ambitieux, réaliste et adaptable pour construire un système énergétique souverain, décarboné et compétitif", a déclaré le gouvernement.
Il a noté que la mise en œuvre du PPE3 générera plus de 120 000 emplois supplémentaires d'ici 2030, notamment dans les secteurs nucléaire, solaire photovoltaïque et éolien offshore. Elle contribuera également à réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles, qui représentent actuellement près de 60 milliards d'euros (71 milliards de dollars) par an.
Réponses de l'industrie
"EDF, Framatome et Orano tiennent à remercier le gouvernement pour avoir partagé sa vision et pour avoir pris en compte l'équilibre du système électrique français", a déclaré Framatome dans un communiqué. "Ils accueillent la priorité donnée à l'électrification et le fort soutien à la durabilité et au développement du secteur nucléaire. Ces priorités sont essentielles pour garantir la continuité de la production, la sécurité des installations et la création d'emplois qualifiés et durables dans tout le pays.
"Avec sa capacité à produire de l'électricité compétitive, dispatchable et décarbonée, l'énergie nucléaire est un pilier essentiel pour la réussite de l'électrification des usages énergétiques et la sécurité de l'approvisionnement du pays. Grâce à l'excellence du secteur nucléaire, la France possède une technologie souveraine qui lui permet de fournir aux secteurs économiques et aux consommateurs l'électricité la moins chère d'Europe."
EDF a déclaré qu'elle s'engageait envers le PPE3 avec le programme de construction de six réacteurs nucléaires EPR2 et une option pour huit autres, en prolongeant la durée de vie des réacteurs nucléaires existants et en revitalisant les investissements dans l'hydroélectricité tout en maintenant l'expertise dans les énergies renouvelables, notamment les projets éoliens offshore.
"Les équipes d'EDF sont mobilisées pour réaliser ces projets conformément aux exigences en matière de sécurité, de sûreté, de qualité, de délais et de coûts. La mise en œuvre du PPE3 doit préserver la cohérence du cadre public, condition essentielle pour la performance et l'équilibre à long terme du système électrique. Dans ce cadre, l'électrification des usages énergétiques est un levier central de la transition énergétique, nécessitant la mobilisation de tous les acteurs publics et privés pour remplacer les combustibles fossiles importés par une électricité compétitive, souveraine et décarbonée, à laquelle le groupe EDF contribue."
Le président-directeur général d'EDF, Bernard Fontana, a ajouté : "La publication du programme énergétique pluriannuel permet à EDF d'avancer vers ses objectifs : fournir aux Français, aujourd'hui et pour les générations futures, une électricité compétitive, souveraine et décarbonée."
Orano a déclaré que les opportunités présentées par le PPE3 représentent des investissements significatifs en cours et futurs à travers l'ensemble du cycle du combustible nucléaire.
"Le nouveau programme énergétique pluriannuel offre la visibilité nécessaire pour gérer nos projets industriels, qui contribuent à garantir la production d'électricité décarbonée, dispatchable, disponible pour nos industries dans les régions et pour nos foyers", a déclaré Nicolas Maes, PDG d'Orano.
Le Groupement des Industriels Français de l'Énergie Nucléaire (Gifen) - l'association professionnelle de l'industrie nucléaire française - a déclaré que le PPE3 "représente une étape décisive pour donner à la France la visibilité essentielle pour des investissements à long terme, et confirme le rôle crucial de l'énergie nucléaire au cœur de la stratégie énergétique française. L'énergie nucléaire est un pilier fondamental de la souveraineté énergétique française. En fournissant une électricité décarbonée, sûre et contrôlable, elle répond aux défis climatiques, énergétiques et de réindustrialisation. En remplaçant les combustibles fossiles pour des usages tels que le transport et le chauffage, l'énergie nucléaire peut contribuer à accélérer l'électrification, préalable à la décarbonisation de l'économie."
