22 avr. 2026

La réponse de l'Europe à la crise énergétique de la guerre en Iran

La réponse de l'Europe à la crise énergétique de la guerre en Iran
La Commission européenne publiera mercredi un ensemble de mesures visant à compenser l'augmentation des prix de l'énergie, alors que les pays font face au plus grand choc sur les marchés de l'énergie de l'histoire en raison de la guerre en Iran. Voici comment l'Union européenne prévoit de réagir.

ÉLECTRICITÉ EN PREMIER

Au cœur des propositions de l'UE se trouve un accent sur la réduction de la dépendance au pétrole et au gaz, pour atténuer les perturbations d'approvisionnement en combustibles fossiles et les hausses de prix. La Commission exposera des plans pour modifier les règles fiscales de l'UE, afin de s'assurer que l'électricité est taxée à un taux inférieur à celui des combustibles fossiles, selon un projet de plan de la Commission, précédemment rapporté par Reuters. Cela vise à inciter les consommateurs et les entreprises à remplacer les systèmes fonctionnant à l'huile et au gaz par des voitures électriques, des pompes à chaleur et d'autres dispositifs fonctionnant à l'électricité. La proposition facilitera également la tâche des gouvernements pour réduire les taxes sur l'électricité des industries énergivores à zéro, afin de réduire les factures à court terme, selon le projet, qui pourrait encore changer avant sa publication. Elle exigera également des pays qu'ils incitent à investir dans des technologies de réseau intelligent, pour aider à intégrer davantage d'énergie propre dans le mix énergétique. Bruxelles confirmera les plans mercredi et publiera des propositions légales en mai. Les règles fiscales de l'UE sont politiquement difficiles à modifier, car elles nécessitent l'approbation unanime des 27 États membres. Les taxes et prélèvements sur l'électricité dans l'UE sont, en moyenne, environ deux fois plus élevés que ceux pour le gaz naturel, selon une analyse du groupe de réflexion Strategic Perspectives. La Commission proposera également un objectif d'électrification avant l'été, pour inciter les industries à passer des combustibles fossiles à l'électricité.

STOCKS DE PÉTROLE ET DE GAZ

L'UE coordonnera les efforts des pays pour remplir les stocks de gaz dans les mois à venir - y compris le calendrier des achats, selon le projet. L'objectif est d'éviter les hausses de prix, qui pourraient être causées par des entreprises se précipitant pour acheter en même temps. Les stocks de gaz sont actuellement remplis à 30 %, mais l'UE exige que cela atteigne 80 % avant l'hiver et les entreprises ont été lentes à reconstituer les stocks alors que les prix sont exceptionnellement élevés. Bruxelles facilitera également les éventuelles libérations de stocks de pétrole, en coordonnant le calendrier et les volumes au sein de l'UE, selon le projet. Les membres de l'Agence internationale de l'énergie - qui comprennent la plupart des pays de l'UE - ont convenu le mois dernier de libérer 400 millions de barils de pétrole de leurs réserves, afin de calmer les marchés pétroliers.

CARBURANT POUR AVIATION

L'UE importe environ 40 % de son carburant pour aviation, dont la moitié provient du détroit d'Ormuz. Bruxelles prépare des orientations sur la manière de gérer d'éventuelles pénuries de carburant pour aviation, que les aéroports ont averti qu'elles pourraient survenir dans les semaines à venir. Les orientations couvriront des questions telles que la perte de créneaux horaires pour les compagnies aériennes en raison d'annulations et la règle anti-approvisionnement de l'UE, conçue pour empêcher les avions de charger du carburant supplémentaire dans des lieux à bas prix, a déclaré le commissaire européen aux transports, Apostolos Tzitzikostas, mardi. Elles clarifieront également si une pénurie de carburant peut être considérée comme suffisamment exceptionnelle pour que les compagnies aériennes évitent de payer une compensation pour les annulations. La Commission européenne surveillera la capacité de raffinage de l'Europe et introduira des mesures « pour garantir que la capacité existante est pleinement utilisée », selon son projet de plan.

'SOUTIEN IMMÉDIAT'

Les propositions préliminaires comprennent une liste de recommandations pour fournir un « soutien immédiat », bien qu'il appartienne aux gouvernements individuels de les adopter. Elles incluent le report de la fermeture des centrales nucléaires, une aide financière pour installer rapidement des batteries à brancher et des panneaux solaires, et la réduction du prix des transports publics.

AIDES D'ÉTAT

Distinctement des propositions à venir mercredi, l'UE élabore des plans permettant aux pays de subventionner davantage les prix du carburant et des engrais. Dans un projet de ces règles temporaires d'aide d'État, vu par Reuters, l'UE permettrait aux gouvernements de couvrir jusqu'à 50 % des augmentations de prix du carburant ou des engrais que les entreprises ont payées depuis le début de la guerre en Iran. Afin d'éviter des subventions massives non ciblées pesant sur les budgets publics, seuls quelques secteurs seront éligibles - y compris l'agriculture, la pêche et le transport routier. Les subventions doivent être accordées cette année et peuvent inclure des subventions, des avantages fiscaux, des prêts et des garanties. Le projet de plan de l'UE permettrait également une intensité d'aide plus élevée pour aider les industries à payer leurs factures d'électricité.