Les Pays-Bas et la Belgique ont signé un mémorandum d'entente pour approfondir leur coopération sur l'énergie nucléaire. La collaboration vise à contribuer à un meilleur échange de connaissances et à une chaîne d'approvisionnement plus solide.
Le MoU a été signé par le ministre fédéral de l'Énergie belge, Mathieu Bihet, et le secrétaire d'État néerlandais au climat et à la croissance verte, Jo-Annes de Bat, lors du sommet BeNeNuc (sommet nucléaire belgo-néerlandais).
Le MoU stipule que les Pays-Bas et la Belgique travailleront sur une base plus large de recherche et développement et intensifieront l'échange de connaissances. À cette fin, les deux pays se rencontreront périodiquement. De cette manière, les Pays-Bas peuvent bénéficier des connaissances industrielles existantes et des applications actuellement disponibles en Belgique en raison du plus grand nombre de centrales nucléaires opérationnelles. Inversement, les Pays-Bas peuvent partager leur expertise acquise concernant la construction de nouvelles centrales nucléaires et les développements liés aux petits réacteurs modulaires (SMR). Par exemple, dans les domaines de la recherche de sites, des autorisations, des processus et des composants pour les centrales nucléaires.
De plus, les Pays-Bas et la Belgique souhaitent que les entreprises et les organisations de connaissances de la chaîne de l'énergie nucléaire et de la chaîne d'approvisionnement se trouvent et se renforcent mutuellement plus efficacement. Par conséquent, les deux pays mettent en place des missions d'innovation entre les entreprises et les organisations de connaissance actives aux Pays-Bas et en Belgique. Dans la mesure du possible, les gouvernements encourageront la coopération entre les entreprises.
En outre, les deux pays s'engagent à renforcer les connaissances et les compétences des personnes qui travailleront dans le secteur nucléaire. Pendant le pic de construction des centrales nucléaires, cela implique 10 000 employés, et en moyenne sur l'ensemble du processus de construction, environ 5 000 employés. Cela peut être réalisé, par exemple, par le biais de programmes de formation conjoints.
Les deux pays s'engagent également à coopérer sur des solutions concernant la gestion, le stockage et l'éventuelle élimination des déchets radioactifs.
« Les projets nucléaires européens futurs nécessitent des chaînes de valeur solides, une expertise de haut niveau et une coopération étroite entre les États, les centres de recherche et l'industrie », a déclaré Bihet. « La Belgique et les Pays-Bas possèdent une expertise reconnue et souhaitent unir leurs forces aujourd'hui pour contribuer au développement d'un écosystème nucléaire européen plus robuste, innovant et indépendant. »
« Les Pays-Bas se trouvent actuellement à un moment crucial, avec des plans pour devenir plus indépendants sur le plan énergétique grâce à une augmentation de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique », a ajouté de Bat. « Dans un secteur actuellement riche en développements et bénéficiant d'une forte densité de connaissances, la coopération avec les pays voisins est essentielle. Avec la Belgique, nous pouvons donner à nos ambitions communes l'élan nécessaire. Ce faisant, nous renforçons le secteur et contribuons également à un développement européen plus large. »
En mai dernier, le parlement fédéral belge a voté à une large majorité pour abroger une loi de 2003 visant à la sortie progressive du nucléaire et à interdire la construction de nouvelles capacités de production nucléaire. Selon la politique de sortie, l'unité 1 de la centrale de Tihange devait être arrêtée en octobre de cette année, suivie de Doel 2 en décembre. Les deux derniers réacteurs de la Belgique - Doel 4 et Tihange 3 - devaient fermer en novembre 2025, mais un accord final a été conclu en décembre pour que les deux unités continuent à fonctionner pendant 10 ans supplémentaires.
À la fin avril, le gouvernement belge a annoncé avoir entamé des négociations pour prendre possession directe des sept centrales nucléaires du pays - tous les travaux de démantèlement étant suspendus « pour s'assurer que toutes les options restent disponibles pour l'État belge ».
En décembre 2021, le nouveau gouvernement de coalition néerlandais a placé l'énergie nucléaire au cœur de sa politique climatique et énergétique. En plus de maintenir la centrale de Borssele en fonctionnement plus longtemps, le gouvernement a également appelé à la construction de nouveaux réacteurs. Selon les plans préliminaires, deux nouveaux réacteurs seront achevés vers 2035, chacun ayant une capacité de 1000 à 1650 MWe. Le gouvernement prend également des mesures pour préparer les Pays-Bas à un éventuel déploiement de SMR.
14 mai 2026
La Belgique et les Pays-Bas renforcent leur coopération nucléaire.
