Le PDG du Groupe Renault, François Provost, a exhorté l'Union européenne à contraindre les constructeurs automobiles chinois à se procurer des composants auprès de fournisseurs européens, et non seulement à assembler des véhicules sur place.
Provost a fait ces remarques lors d'un événement industriel à Bruxelles, rapporté par Reuters, soutenant que tout accord automobile entre l'UE et la Chine devrait privilégier une plus grande localisation des chaînes d'approvisionnement.
« Je pense que la bonne voie pour l'Europe est vraiment de conclure un accord avec la Chine basé sur cette stratégie », a-t-il déclaré.
Ses commentaires interviennent alors que plusieurs fabricants européens ont conclu des accords avec des entreprises chinoises pour produire des véhicules sous marque chinoise dans des usines européennes inactives.
Le mois dernier, Stellantis a annoncé son intention de fabriquer des véhicules électriques sous la marque Voyah de Dongfeng dans son usine de Rennes, en France, dans le cadre d'un protocole d'accord non contraignant pour établir une coentreprise basée en Europe pour les ventes et la production locale.
Stellantis est également engagé dans une collaboration distincte avec le constructeur chinois de véhicules électriques Leapmotor.
Par ailleurs, Xpeng aurait des discussions avec Volkswagen et d'autres constructeurs automobiles sur l'acquisition d'une installation de production en Europe.
L'argument de Provost repose en partie sur le poids économique de la chaîne d'approvisionnement : il a noté qu'environ 95 % de la valeur générée lors de l'assemblage des véhicules est attribuable aux fournisseurs de pièces, suggérant qu'une exigence de localisation pourrait apporter un avantage économique significatif à l'industrie européenne.
Ces remarques font écho à une position défendue par le gouvernement français, où le ministre des Finances, Roland Lescure, a exhorté le mois dernier Renault et Stellantis à faire preuve de « préférence européenne » dans leurs approvisionnements, alors que leurs liens avec des partenaires chinois se renforcent.
L'association commerciale des fournisseurs automobiles européens CLEPA a averti que les ambitions de transition vers les véhicules électriques du continent font face à un manque d'investissement structurel.
Citant des données couvrant la période de 2021 à 2026, la CLEPA a déclaré que l'investissement des fournisseurs de l'UE restait stable tandis que leurs homologues chinois ont augmenté leurs dépenses dans le secteur de 57 %, créant ce que l'association a décrit comme un terrain de jeu global asymétrique qui menace la base industrielle de l'Europe.
11 juin 2026
Le PDG de Renault pousse l'UE à un accord sur l'approvisionnement en Chine en raison des préoccupations liées à l'assemblage.
