L'Union européenne (UE) est devenue la principale destination des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) arctique russe, en particulier au cours des six premiers mois de 2026. Selon une analyse d'Urgewald, une organisation de recherche environnementale allemande, l'UE a dépensé environ 5,96 milliards d'euros pour le GNL de Yamal, avec 136 cargaisons livrées à ses ports, représentant plus de 97 % des livraisons mondiales. Cela souligne le rôle central de l'Europe dans le maintien à flot du secteur du GNL arctique russe, malgré le conflit en Ukraine.
Sebastian Rötters, militant pour les sanctions d'Urgewald, a noté que pendant la guerre contre l'Ukraine, l'UE continue d'importer massivement du GNL de Yamal. La majorité des cargaisons ont été dirigées vers la France, la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas et le Portugal. En parallèle, les entreprises de transport non russes, notamment Seapeak et Dynagas, ont joué un rôle crucial dans le transport des cargaisons, démontrant que cette chaîne logistique n'est pas exclusivement russe.
La chute des livraisons vers la Chine, qui est passée de 25 cargaisons à seulement 4, met en lumière le rôle déterminant de l'UE dans l'exploitation du projet GNL de Yamal. La dépendance de la Russie vis-à-vis de l'Europe se reflète également dans les chantiers navals, où le Fayard au Danemark reste le dernier capable de réparer les navires de classe Arc7, essentiels pour le transport du GNL arctique. Cela soulève des préoccupations quant à la pérennité des revenus pour le Kremlin.
L'analyse d'Urgewald souligne que chaque entretien de ces navires risque de prolonger leur usage, facilitant ainsi l'acheminement continu du GNL vers l'Europe. En attendant l'interdiction des services maritimes européens concernant les navires russes prévue pour janvier 2027, la continuité des opérations à Fayard pourrait bien influencer les futures dynamiques du commerce européen en matière de GNL russe.
15 juil. 2026
L'appétit de l'UE pour le GNL arctique atteint un nouveau sommet avec une facture de 5,96 milliards d'euros pour 136 cargaisons russes au premier semestre 2026.
